Musée de la Broderie, de la Métallurgie et du Patrimoine

Le musée de la Broderie, de la Métallurgie et du Patrimoine de Fontenoy le Château est installé au centre du village dans une maison du XVIIIème siècle autrefois siège du greffe de la prévôté. Il ouvre ses portes chaque année du 15 avril au 15 octobre de 14h30 à 18 h sauf les mardis.

 

Sur deux étages, vous pouvez admirer des pièces uniques et de choix réalisées par les brodeuses de Fontenoy qui travaillaient dans leur demeure à partir de 1840 et ce jusqu’en 1977, date de fermeture du dernier bureau de broderie de notre bourg.

 

Fin du XIXème siècle, début XXème siècle, Fontenoy compte plus de 500 brodeuses. A cette époque, c’est un haut lieu de la Broderie.

 

 

Ces femmes aux doigts de fées portent la renommée de Fontenoy au-delà de nos frontières. Parmi les clients figurent les cours royales d’Europe, d’Afrique du Nord ou encore du Moyen Orient.

 

Les brodeuses travaillaient sur un métier sur pied surmonté d’un tambour, une main au dessus et l’autre en dessous guidant l’aiguille.

Venez découvrir leurs réalisations (robe de baptême, linge de corps, service de table, drap, bavoir....) en broderie blanche(point de bourdon, cordon, plumetis, petit nœud, jour tulle, jour venise, jour échelle, point sablé et enfin point de satin pour les plus expertes) et leur matériel (métiers, piqueuses,….)

Au fil de votre visite, vous ferez connaissance avec le poète Gilbert, natif de Fontenoy le Château (F. le Ch.1750-Paris 1780).Vous découvrirez derrière l’imposante cheminée dominée par un magnifique 12 cors (trophée d’un cerf issu de nos forêts) quelques uns de ses écrits et de ses portraits. Ami de Fréron, il entre dans la bataille littéraire contre « les Encyclopédistes ». Icône du romantisme, il devient l’image du poète malheureux. Sa statue trône au milieu de la placette face au musée sur un socle où vous pouvez déchiffrer un de ses quatrains le plus célèbre :

 

 

 

Au banquet de la vie, infortuné convive,

 

J’apparus un jour et je meurs.

 

Je meurs, et sur ma tombe où lentement j’arrive,

 

Nul ne viendra verser des pleurs.

Cette phrase, si un jour vous parcourez les catacombes à Paris vous la retrouverez sur un monument …vide… car ses restes ont été, comme tant d’autres, mêlés aux millions d’ossements anonymes….

 

Continuez votre visite du musée en empruntant un imposant escalier en pierre. Sur le palier, vous attend un rapide résumé de la vie de Julie Victoire Daubié, 1ère bachelière de France (Bains les Bains 1824-F. le Ch. 1874).A cette époque, l’usage (mais pas la loi ) exclut les femmes des candidats aptes à subir l’examen du baccalauréat. Avec détermination et pugnacité, malgré de nombreux refus et vexations, mais avec le soutien de personnalités très en vue, telles que l’impératrice Eugénie et Arlès Dufour, l’un des derniers Saint Simoniens, elle obtient le 17 août 1861 le précieux diplôme. Dix ans plus tard, elle passe avec succès la licence ès lettres.

Elle meurt à l’âge de 50 ans dans notre bourg alors qu’elle préparait son doctorat de lettres.

Julie-Victoire, enterrée dans notre cimetière, a voué sa vie aux études économiques et sociales, et tout particulièrement à la question du sort des femmes dans la société moderne. Mesdames venez lui rendre un hommage en notre belle cité médiévale de Fontenoy qui l’a vue grandir.

 

(Et en quittant notre musée, faites un détour par le site de la Manufacture Royale de Bains les Bains située à 10 km, site qui a vu naître J.V.D.).

 

Après avoir parcouru les salles d’expositions de broderie, n’omettez pas, sur le palier inférieur, de tourner sur votre droite pour arriver à une cour intérieure qui vous conduit à une ancienne remise en pierre apparente qui abrite une grande partie des secrets de la naissance de la Métallurgie dans la vallée du Côney (rivière qui traverse Fontenoy) du XVIIIème au XXème siècle. A 1ère vue, la Métallurgie qui côtoie la broderie peut surprendre le visiteur mais il faut savoir qu’à la fin du XIXème siècle, ces 2 activités étaient complémentaires pour subvenir aux besoins de la famille.

 

Le développement de la métallurgie au XVIIIème est dû :

-A la volonté du Duc de Lorraine, adepte du Colbertisme

-A la richesse de nos forêts qui procuraient le charbon de bois -A la force hydraulique régulière du Côney

Messieurs pendant que Mesdames s’attardent devant la finesse des broderies, venez à la rencontre de ce passé encore si proche de nous. Une riche exposition composée de photos d’archives, d’explications de procédés de fabrication au côté de vitrines contenant les objets fabriqués dans nos vallées (clous, couverts…..) vous permettront d’approfondir vos connaissances de notre passé.

 

                            Article écrit par les membres de l’association